Bienvenue sur le site de l'ancien Couvent des Junies

Le but de ce site est de réunir sous une forme pratique et agréable à consulter, tout ce qui concerne le Couvent des Junies, le Cloître , la Salle Capitulaire et  leurs dépendances, de l'historique le plus lointain jusqu'aux activités actuelles et aux projets.

Une large place est réservée à des galeries photos relatant de façon attrayante les travaux de rénovation initiés par les actuels propriétaires, Anne-Marie et René Chevalier, ainsi que les évènements culturels qui s'y dérouleront.

Donc n'hésitez pas à renouveler vos visites pour suivre  cette évocation pas à pas ...

(Tous les apports concernant l'historique du Couvent et son environnement seront les bienvenus. Merci déjà aux éventuels contributeurs pour l'intérêt qu'ils portent à cette évocation.)
Francis Candau.

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Bonne visite !

Restauration primée par l'association VMF.



            Le 16 juin 2014, la restauration du site a été primée par l'association VMF et les propriétaires ont reçu ce diplôme pour leur contribution à la sauvegarde du patrimoine historique.


 
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Voici le document initiateur émis par
Anne-Marie et René CHEVALIER en 2013.
Ce sera le fil conducteur autour duquel ce site va s'étoffer:

  HISTORIQUE de l'ANCIEN MONASTERE de DOMINICAINES NOTRE DAME du 14ème SIECLE.



Situé dans la vallée de la Masse, le monastère des Junies fut fondé et construit par le cardinal Gaucelm de Jean entre 1343 et 1355. Destiné à recevoir douze soeurs dominicaines, l'établissement fut en partie ruiné à la Révolution : des trois ailes qui entouraient le cloître disparu, deux sont conservées, abritant la salle capitulaire, le logis de la prieure et le réfectoire.

La terre des Junies tire son nom d'une riche famille de l'oligarchie marchande de Cahors, les de Jean, à qui l'évêque légua cette ancienne seigneurie épiscopale au début du 13e siècle. Familier du pape Jean XXII, le cardinal Gaucelm de Jean choisit ensuite d'y implanter au milieu du 14ème siècle un monastère de dominicaines, suivant la règle de Saint Augustin.

Grâce aux largesses de son bienfaiteur, le monastère put dès 1355 accueillir douze religieuses, choisies parmi la noblesse locale et soumises à l'autorité de leur prieure. La petite communauté avait à sa charge l'entretien de l'église Notre-Dame, construite au cours des années 1330-1340, et du monastère implanté sur son flanc sud. Le quotidien de la communauté était assuré par l'exploitation de biens fonciers dont elle tirait revenus, les dots de ses religieuses et les pensions des jeunes filles dont elle avait en charge l'éducation.

Après avoir été vendu comme bien national à la Révolution, le monastère fut en partie démantelé.

Des bâtiments qui s'ordonnaient autour du carré du cloître, il ne reste que les ailes méridionale et orientale. Dans cette dernière, subsiste la salle capitulaire aux trois travées couvertes de voûtes d'ogives ainsi qu'une salle à l'étage dans laquelle habitait sans doute la mère supérieure.
Des tronçons de colonnes prismatiques, ainsi que les traces des logements de poutres d'une toiture conservées sur les murs de l'aile Est et de la nef de l'église, évoquent aujourd'hui encore la galerie couverte bordant le jardin du cloître.
Le monastère de Dominicaines des Junies à travers les âges

Le monastère des Junies fut fondé entre 1343 et 1355 dans la vallée de la Masse par le cardinal Gaulcelm de Jean, évêque d'Albano en Italie.

La famille de Jean à l'origine de la terre des Junies

La famille de Jean possédait depuis 1214 la terre de Canourgues, suite au don effectué par l'évêque de Cahors, Guillaume de Cardaillac, en faveur de Bertrand de Jean en récompense des services financiers que celui-ci avait rendus lors de la guerre contre les Albigeois.
A partir de cette donation, le fief prit le nom des Johannies qui se transforma ensuite en Junies.
Bertrand de Jean appartenait à l'une des grandes familles de Cahors enrichies dès la fin du 12e siècle par le négoce du drap, de la laine et du vin avec les foires de Champagne, les Flandres, les ports de la Méditerranée et de l'Atlantique, l'Angleterre et l'Italie.
A la tête de fortunes considérables, ces grands négociants, désormais connus sous le nom de Caorsins, se livrèrent à des activités financières, aux prêts à intérêts et aux changes.

Le cardinal Gaucelm de Jean


Blason de Gaucelm de Jean tel qu'il figure sur le vitrail du 14ème siècle de l'église abbatiale

Né en 1263, Gaucelm de Jean (fils de Benoît II de Jean) témoigna de qualités brillantes au cours de sa carrière ecclésiastique au service du pape.
Gaucelm de Jean commence sa carrière ecclésiastique sous le pontificat de Clément V. En 1309, les registres du Vatican nous apprennent qu'il était chanoine d'Aix, puis professeur de droit civil. Il est également chanoine de Cahors, de Reims et prieur de Cénac au diocèse de Périgueux. Il devient chapelain du pape en 1310, auditeur des causes apostoliques en 1311. Il reçoit le canonicat en 1312 à Rodez.

Après l'élection du pape Jean XXII (Jacques Duèze, natif de Cahors) élu en 1316, Gaucelm de Jean est fait cardinal et reçoit encore de nombreux bénéfices pour soutenir son train de maison, en particulier en Angleterre.

En effet, Jean XXII qui a pu apprécier les qualités de diplomate de Gaucelm de Jean, l'envoie comme légat dans ce pays avec le cardinal Lucas de Fiesque pour faire la paix entre le roi d'Angleterre Edouard II et le roi d'Ecosse, Robert Bruce.

En 1318, n'ayant pas réussi à approcher Robert Bruce, ils sont de retour à la cour pontificale, mais le cardinal de Jean repart au printemps 1319 pour faire la paix entre le roi de France, Philippe V le Long , et les Flamands.

Il remplit bien d'autres missions, comme celles de réformer l'université d'Orléans et de Toulouse.
Comblé de bénéfices, en 1327 il reçoit en sus le titre d'évêque d'Albano ( Italie). Les successeurs de Jean XXII, Benoît XII et Clément VI lui maintiennent leur confiance et continuent à lui accorder archidiaconés et canonicats. (livre de Madame Françoise Auricoste « Histoire de la Seigneurie et du Monastère des Junies)

Une fondation dominicaine


C'est au cours de ses années à Avignon que Gaucelm de Jean projeta de fonder, auprès du château familial des Junies et sur les terres de ses ancêtres, un monastère de Dominicaines.
Le pape lui accorda de racheter des rentes et des dîmes perçues par des laïcs afin d'alimenter le projet, déjà bien financé par sa fortune personnelle.
Le chantier débuta vers 1343.
Gaucelm mourut à l'âge de 85 ans, le 3 août 1348, sans avoir vu l'achèvement du monastère dont il avait été l'initiateur et le bienfaiteur. Faute de pouvoir reposer dans son église, il fut enterré dans celle des dominicains de Cahors.

Après son décès, ses neveux, Gisbert de Jean, évêque de Carcassonne, et Philippe de Jean, chevalier, seigneur des Junies, son héritier universel, reçurent en 1353 du pape Innocent VI le droit de continuer et d'achever la construction du monastère. Les moniales et leur mère supérieure ne séjournèrent alors que peu aux Junies en ces premières années de la guerre de Cent Ans, et furent installées provisoirement à Cahors, dans le palais de Pierre Duèze, frère du pape Jean XXII.

Deux ans plus tard, le 22 avril 1355, une bulle pontificale du pape Innocent VI confirmait l'installation des Dominicaines des Junies, soumises à la règle de Saint Augustin suivant les statuts des Dames Dominicaines de Prouille.

Le monastère était ainsi placé sous l'autorité des Dominicains de Cahors mais relevait sur le plan spirituel du Prieur provincial de Toulouse. A la tête de la communauté composée de douze religieuses choisies parmi les jeunes filles de la noblesse locale, se trouvait la prieure. La première fut nommée par le seigneur des Junies, les suivantes élues à vie par les religieuses avec l'accord du seigneur.

La règle religieuse et la vie communautaire


Les Dominicaines toutes vouées à la prière, à la pénitence et au silence avaient adopté la règle et fait ainsi le choix de vivre dans l'isolement et le recueillement de la clôture de couvents isolés.

Elles se répartissaient aux Junies les différentes tâches domestiques incombant à la vie de la petite communauté, tâches auxquelles fut associée dès le 17ème siècle l'éducation des jeunes filles de la noblesse rurale peu aisée et de la bourgeoisie locale. On comptait alors une sacristine, une économe, une pansière (infirmière), une maîtresse des novices et une maîtresse des pensionnaires.

En 1790, Marie de Vassal de Montviel et Jeanne Marie de Faure de Prouillac, toutes deux maîtresses, assuraient l'enseignement des jeunes pensionnaires qui, n'étant pas cloîtrées, devaient habiter un bâtiment annexe.

Les biens laissés par Gaucelm de Jean et ses successeurs permirent de subvenir aux besoins de la communauté qui recevait des legs pieux et les dots de ses religieuses. Un syndic religieux des Frères prêcheurs de Cahors était chargé de recueillir les diverses rentes, les revenus des biens, bois, moulins, propriétés foncières permettant d'assurer la vie de la communauté.

Une communauté maintenue jusqu'à la révolution


Après leur retour aux Junies en 1363, les Dominicaines furent à nouveau évacuées en 1368, durant le siège du château des Junies lancé sur ordre du roi de France, Charles V le Sage, par les troupes du maréchal de Sancerre. Le monastère qui servit alors aux hommes d'armes et à leurs chevaux ressortit ravagé de l'épreuve.
Dans les siècles qui suivirent, peu de faits marquants concernèrent la vie du monastère, dont les bâtiments durent cependant faire l'objet de nombreux aménagements. En 1556, le roi Henri II imposa la nomination de la prieure pour une période restreinte de 3 ans, et désigna alors soeur de Caumont.

Le fait bouleversait les règles mêmes de la communauté, évinçant les seigneurs des Junies, patrons du monastère, ainsi que le conseil des religieuses.

Les procès se succédèrent, le dernier entre soeur Jeanne de Foucault de la Caux, nommée par le roi, et François de Beaumont, alors baron des Junies.
En 1637, la règle fut rétablie plaçant jusqu'à sa mort, en 1706, Madame de Montmège. Lors de l'inventaire effectué par les officiers municipaux de la commune des Junies le 17 août 1790, on ne comptait plus que 9 religieuses placées sous l'autorité de la prieure, Madame de Vaylats de Cieurac.

En 1793, le monastère et l'église furent vendus comme biens nationaux et en partie détruits : le monastère et son enclos, adjugés le 22 septembre pour le prix de 15 500 livres, et l'église, au prix de 1 700 livres.

L'église fut par la suite cédée à la commune et devint l'église paroissiale.
Morcelé en différents lots, le monastère revint à plusieurs propriétaires qui reléguèrent les anciens corps de bâtiments au rang de bâtiments agricoles, étables, et séchoir à tabac qui furent ensuite abandonnés jusqu'aux années 1980.

L'ensemble des bâtiments du monastère abandonné fut racheté en 1989 par les propriétaires actuels, sensibles à la majesté et à l'histoire du site. Ils ont oeuvré depuis pour la protection parmi les Monuments Historiques de l'aile orientale et du jardin du cloître (classés le 10 janvier 1995), et s'emploient à en restaurer les vestiges, organisant notamment avec le concours d'une association diverses manifestations culturelles.

Les vestiges architecturaux du monastère


Placé au sud de l'église, le monastère formait un grand quadrilatère composé de trois ailes ordonnées autour du carré du cloître.

D'après la jonction de la sacristie de l'église et de l'aile orientale du monastère, le cloître fut aménagé lors d'une phase de travaux de peu postérieurs à celle de l'église. Les traces dans les murs de l'église et de l'aile est laissent penser que des galeries en bois s'appuyaient contre chaque corps de bâtiment, entourant le cloître.

La salle du chapitre ou salle capitulaire au rez-de-chaussée de l'aile orientale.

Lieu de rassemblement de la communauté, la salle du chapitre est logée au rez-de-chaussée de l'aile orientale et s'ouvre sur le cloître par une grande arcade et deux fenêtres en arcs brisés placées symétriquement de part et d'autre.
Les murs de ce corps de bâtiment sont montés en moyen appareil de moellons calcaires très réguliers, soudés par un mortier de chaux et de terre rouge. Ces mêmes matériaux ont servi à la réalisation des enduits intérieurs et extérieurs. L'arcade et les deux arcatures en tiers-point aménagées au rez-de-chaussée de la salle du chapitre sont réalisées en briques, comme l'arcade, sur la droite, qui donnait accès dans l'autre partie de l'aile.

Le volume est divisé en trois travées, les deux travées Sud et Nord étant réparties de chaque côté de la travée centrale plus large. Chacune des travées est accompagnée d'une petite fenêtre couverte d'un arc trilobé. Elles sont voûtées de croisées d'ogives retombant sur des piliers prismatiques implantés sur un soubassement maçonné.

Les ogives profilées de deux chanfreins s'ornent d'un décor peint au motif de damier. Les clefs annulaires sculptées d'écu dont les armes ont disparu conservent les traces peintes du cordon cardinalice rouge du cardinal Gaucelm de Jean.

Les murs sont comme à l'extérieur recouverts d'un enduit incorporant de la terre argileuse rouge. Ils ont reçu ici un décor de fausses pierres.

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Le premier étage de l'aile Est : le logis de la mère supérieure ?


Au premier étage, s'étend une grande salle nommée au 18e siècle le "parloir haut" dans laquelle se réunissaient la prieure et ses soeurs pour prendre les diverses décisions concernant la vie du monastère. On peut penser qu'elle était réservée initialement à l'habitation de la prieure.

Son volume présente les mêmes dispositifs domestiques que les grandes salles (aula), lieu de la vie sociale et privée, des maisons médiévales. Il était chauffé par une cheminée en arc segmentaire. Comme les cheminées de la borie de Savannac (Lamagdelaine) et du Cuvier du Chapitre à Cahors, cette cheminée pouvait être fermée par des volets en bois rabattus dans les feuillures taillées sur le pourtour du foyer.

Un évier en pierre à deux vasques inscrites dans des niches murales occupe le mur Est. Un conduit taillé dans la pierre permettait l'évacuation des eaux usées à l'extérieur contre la façade arrière.

Deux portes sont réparties de chaque côté de la cheminée : l'une, aujourd'hui obturée, semble avoir communiqué avec la sacristie de l'église, l'autre pourrait correspondre à d'anciennes latrines.

La salle était pourvue de trois petites fenêtres trilobées sur le mur arrière dans l'axe des fenêtres de la salle capitulaire (seules deux d'entre elles sont conservées). On peut penser qu'il existait à l'origine sur la façade occidentale des portes communiquant avec le comble de la galerie qui flanquait le bâtiment et entourait le jardin du cloître.

Les deux niveaux de trous de poutres conservés sur la façade Ouest, ainsi que sur le mur de la nef de l'église et du bâtiment Sud, situent le niveau du plafond de la galerie couverte qui entourait le cloître et le niveau de sa toiture.

Cette galerie disparue au moment de la Révolution était structurée de colonnes polygonales à chapiteaux moulurés d'un tore et de gorges, dont quelques vestiges sont préservés dans le cloître.


L'aile méridionale affectée à un usage domestique


L'aile méridionale devait intégrer au rez-de-chaussée le réfectoire, la cuisine et le chauffoir, à l'étage le dortoir des religieuses.
On note, comme sur l'aile orientale, les alignements de poutres de la galerie couverte primitive ainsi que l'enduit rougeâtre tapissant les parements extérieurs. Comme l'attestent certaines fenêtres disposées au Sud, cette partie fit l'objet, dès les 15ème-16ème siècles, de remaniements nombreux.

L'aile occidentale


Cette partie du monastère ignorée jusqu'à sa mise à jour en juillet 2008 a fait l'objet de fouilles archéologiques. Elle était peut-être réservée aux communs et ateliers, aux caves et au chai (cellier) dont les textes anciens portent les mentions.

Certains auteurs placent ici le bâtiment des soeurs converses, rattachées au monastère et à l'exploitation du domaine. Il est en réalité difficile de restituer la fonction ou les fonctions des pièces qui constituaient initialement ce corps de bâtiment.

Au-delà du bâtiment et jusqu'au bord de la rivière de la Masse, s'étendaient sans doute les vergers et les jardins apportant les ressources nécessaires à la vie de la petite communauté monastique.

Dans l'inventaire de 1790, on apprend sans plus de détail ni de localisation qu'il y avait aussi dans le monastère une bibliothèque et des appartements destinés aux pensionnaires.

Dernière étape réalisée en mars 2013 pour la restauration de l'ancien monastère :

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